Le SOE à CANNES

La résistance à Cannes

Typographe et résistant cannois, Guillaume Evangelista mit son imprimerie et son savoir-faire au service des réseaux clandestins qui œuvrèrent pour la Libération.

1942 — 1944

Sa résistance
à Cannes

Guillaume Evangelista et ses compagnons ont œuvré dans l’ombre pour lutter contre l’occupant.

Portrait de Guillaume Evangelista
Guillaume Evangelista

Entrée dans la Résistance

En 1942, Guillaume Evangelista commence ses activités de résistance avec Pierre Bertone.

Réseau Carte

Le réseau Carte, lié au SOE, rassemble deux groupes Combat sur la Côte d’Azur.

Service de renseignement AS24

Guillaume rejoint le SOE Section F et sert dans le renseignement AS24 au grade de sergent AP2.

Cannes et le massif du Tanneron

Les réseaux cannois préparent notamment les contacts avec le maquis et un parachutage dans le Tanneron.

En 1942, Guillaume Evangelista est recruté et entre définitivement dans le SOE Section F, au sein des Forces françaises combattantes et des réseaux de Résistance intérieure.

Durant l’été 1942, le réseau Carte, en lien avec le Special Operations Executive, rallie deux groupes Combat présents sur la Côte d’Azur. L’invasion de la zone libre pousse les résistants à renforcer la clandestinité et le cloisonnement de leurs activités afin d’affronter l’Abwehr.

Le réseau sera néanmoins infiltré par des agents de la Gestapo ou de l’Abwehr. Pierre Bertone, connu sous le pseudonyme de Claude et présenté comme le chef du réseau Carte, sera arrêté le 14 mars 1944.

La branche française du SOE est placée sous la direction du colonel Maurice Buckmaster à Londres. Après la division du réseau Carte, Guillaume Evangelista est recruté par Henry Frager, numéro deux d’André Girard, connu sous le pseudonyme de Louba, puis chef des réseaux Donkeyman et Jean-Marie Action.

Guillaume travaille dans le service de renseignement AS24, sous les ordres du responsable local Paul Krage, avec le lieutenant Lacroix. Au grade de sergent AP2, il participe aux différentes activités clandestines : boîtes aux lettres, diffusion de tracts, transmission de messages et renseignement.

Les réseaux Buckmaster et SOE comprennent notamment le sous-réseau Jockey, tandis que la SAP est liée au BCRA et que l’AS désigne l’Armée secrète.

Le bureau Buckmaster de Marseille est dirigé par Francis Cammaerts, officier britannique et agent du SOE. Il organise dans le Sud-Est plusieurs réseaux chargés d’actions de sabotage contre les forces allemandes.

À Cannes, Guillaume Evangelista est en contact avec plusieurs résistants, parmi lesquels Léon Noël, mort des suites des tortures allemandes, Ange-Marie Miniconi, commandant du réseau Jean-Marie à Cannes, et Stéphan Vahanian, membre des Mouvements unis de la Résistance.

Les réseaux opèrent à Cannes, Mandelieu-La Bocca, Mougins et Juan-les-Pins. Les éléments de l’AS24 et des MUR gagnent également les hauteurs afin de préparer un parachutage et une prise de contact avec le maquis dans le massif du Tanneron.

Les MUR sont organisés en deux groupes : un groupe civil dirigé par Marius Isaïa, dit Tony, qui reste à Cannes, et un groupe militaire placé sous les ordres de Stéphan Vahanian, dit Pierre, chargé de rejoindre le lieu de rendez-vous.

En juin 1944, après la mort d’un sergent Allemand à Cannes, un couvre-feu de quinze jours est instauré. Un ordre venu d’Alger prévoit également de couper la voie ferrée entre La Bocca et Théoule.

La Kriegsmarine, installée à l’hôtel Méditerranée, réquisitionne les bateaux du port de Cannes. Le Vieux-Port devient un lieu de combat tandis que des explosions touchent notamment la Croisette, Palm Beach, la Corne d’Or et les Hespérides.

Le 22 août, la ville est violemment prise à partie par des navires alliés. Une foule affamée se rend aux Halles de Cannes à la recherche de nourriture lorsque des bombes explosent, causant des blessés et des morts.

Sept personnes sont faites prisonnières, parmi lesquelles Hélène Vagliano, membre du réseau américain Tartane et connue pour son engagement auprès de la Maison des prisonniers de Cannes. Certains prisonniers sont torturés ou fusillés. Hélène Vagliano sera elle-même exécutée.

Selon le récit présenté sur la page d’origine, ces réseaux auraient contribué à fournir aux résistants des fusils, mitraillettes, mortiers, grenades et moyens financiers.

Répression Allemande

Informations
Gestapo

L’infiltration, les arrestations et la répression des réseaux clandestins en Provence et sur la Côte d’Azur.

L’affaire Marsac

Selon plusieurs récits, un porte-documents contenant près de 200 noms non codés et leurs adresses aurait permis aux services Allemands de remonter jusqu’à une partie du réseau Carte.

Occupation allemande

Après l’occupation de la zone libre puis l’armistice italien de 1943, les forces allemandes prennent le contrôle direct de la Provence et des Alpes-Maritimes.

SIPO-SD, section IV

Ernst Dunker, dit « Delage », est affecté au SIPO-SD de Marseille et participe à la traque des résistants et des maquisards.

Marseille

Les services Allemands occupent notamment des locaux situés au 401-403 rue Paradis, associés aux interrogatoires, aux violences et à la répression.

Le Gallia et le Mont-Fleury

À Cannes, ces deux établissements sont réquisitionnés et utilisés par les services de répression Italiens puis Allemands.

7 janvier 1944

Guillaume Evangelista et les membres de l’imprimerie Aegitna sont arrêtés par le SIPO-SD de Marseille.

L’invasion de la zone libre en novembre 1942, puis le retrait des forces italiennes en 1943, permettent à l’Allemagne nazie de prendre directement le contrôle de la Provence et des Alpes-Maritimes.

Les services Allemands cherchent alors à identifier les réseaux de Résistance, les agents de renseignement, les maquisards, les réfractaires, les opposants politiques ainsi que les personnes juives présentes dans la région.

De nouvelles structures de surveillance et de répression sont installées. Karl Klaus et Alfred Semisch figurent parmi les responsables Allemands déployés dans le Sud-Est.

Les hôtels, villas et immeubles réquisitionnés servent à loger les agents, à centraliser les renseignements et à organiser les arrestations. Certains de ces lieux deviennent également des centres d’interrogatoire et de torture.

L’affaire Marsac joue un rôle important dans l’identification d’une partie du réseau Carte. Selon plusieurs versions, les services Allemands mettent la main sur un porte-documents contenant une liste d’environ 200 personnes.

Les noms y auraient été inscrits sans codage, accompagnés des adresses ou des lieux de résidence de leurs détenteurs. Cette découverte facilite les recherches, les filatures et les arrestations conduites par l’Abwehr puis par le SIPO-SD.

La clandestinité devient alors plus dangereuse encore. Une dénonciation, un document saisi ou l’arrestation d’un seul agent peut compromettre plusieurs groupes et sous-réseaux.

Dans un réseau clandestin, un simple document découvert par l’occupant pouvait mettre en danger des dizaines de résistants et leurs familles.

En 1944, Ernst Dunker est affecté au SIPO-SD de Marseille, au sein de la section IV chargée de combattre les opposants au régime nazi, les résistants et les maquisards.

Connu sous le nom de « Delage », il est décrit comme un ancien repris de justice Allemand devenu sous-officier des services de sécurité nazis.

Parlant parfaitement français, il aurait fréquenté ou occupé différents établissements de luxe afin de recueillir des renseignements et d’identifier les personnes susceptibles d’entretenir des liens avec la Résistance.

Les services auxquels il appartient sont associés à de nombreux actes de violence, à des interrogatoires sous la contrainte, à des tortures et à des exécutions.

À Marseille, ils utilisent notamment des locaux situés au 401-403 rue Paradis. Les détenus y sont interrogés avant d’être relâchés, transférés vers une prison ou remis à d’autres services Allemands.

À Cannes, de nombreux résistants, Juifs, réfractaires au travail obligatoire et opposants politiques sont arrêtés. Des habitants peuvent également être appréhendés à la suite d’une dénonciation ou d’une activité considérée comme hostile au régime nazi.

Le Gallia et le Mont-Fleury sont réquisitionnés par les services d’occupation. Le Gallia est présenté comme un lieu utilisé par l’OVRA, la police politique fasciste italienne, tandis que le Mont-Fleury devient un centre lié au SIPO-SD.

Ces établissements accueillent des interrogatoires au cours desquels les accusations sont accompagnées de coups, de menaces et d’autres sévices destinés à obtenir des informations sur les réseaux clandestins.

D’autres hôtels cannois sont également occupés par les autorités allemandes. Une Standortkommandantur, chargée de l’administration militaire locale, est installée dans l’un de ces établissements réquisitionnés.

Malgré le renforcement de la répression, Guillaume Evangelista poursuit ses activités clandestines au sein de l’imprimerie Aegitna.

Il continue à imprimer le journal Combat, des tracts opposés au régime nazi, des affichettes, des certificats et de faux papiers destinés aux résistants.

Le 7 janvier 1944, Guillaume Evangelista et les membres de son équipe sont arrêtés par le SIPO-SD de Marseille, service alors placé sous l’autorité opérationnelle à laquelle appartient Ernst Dunker.

Guillaume est conduit dans les locaux réquisitionnés de Cannes afin d’être interrogé. Le personnel de l’imprimerie est également questionné sur les activités clandestines, les documents imprimés et les personnes fréquentant l’établissement.

Il subit les coups et les violences des interrogatoires, mais les services Allemands n’obtiennent pas les renseignements recherchés. Guillaume reste finalement seul entre les mains de ses tortionnaires.

Guillaume Evangelista est ensuite transféré à Marseille, à la prison des Baumettes, alors utilisée pour l’incarcération de nombreux résistants et prisonniers placés sous autorité allemande.

Sa sœur et son fils peuvent lui rendre visite. Ils le découvrent le visage tuméfié par les coups reçus pendant les interrogatoires.

Cette rencontre constitue la dernière fois qu’ils le voient avant son transfert vers le camp de Compiègne-Royallieu, puis sa déportation vers les camps de concentration allemands.

Après son arrestation, Guillaume Evangelista refuse de livrer les informations susceptibles de compromettre les autres membres du réseau.

Réseau Buckmaster

L’imprimerie
Aegitna

Un lieu central de la Résistance clandestine à Cannes.

Imprimerie clandestine

L’imprimerie produit de faux documents et des journaux clandestins et accueille des réunions secrètes.

Six personnes arrêtées

Après une première perquisition, les services Allemands reviennent et arrêtent six personnes présentes dans l’imprimerie.

7 janvier 1944

Guillaume Evangelista est arrêté sur son lieu de travail avec les membres de son équipe.

Hôtel Mont-Fleury et Gallia

Les personnes arrêtées sont conduites dans des lieux d’interrogatoire et de torture réquisitionnés à Cannes.

Informée des activités clandestines de l’imprimerie Aegitna, la Gestapo procède d’abord à une perquisition, puis revient arrêter les six personnes qui y travaillent.

Les personnes arrêtées sont conduites à l’hôtel Mont-Fleury pour être interrogées et torturées. Certaines sont ensuite transférées au Gallia, devenu un lieu d’incarcération et de torture, puis à Nice avant leur déportation.

Le 7 janvier 1944, Guillaume Evangelista se trouve à son poste avec son équipe lorsque des camions de la Gestapo de Marseille et du Sicherheitsdienst arrivent devant l’imprimerie.

Les SS pénètrent dans les locaux et arrêtent toutes les personnes présentes pour faits de résistance et trahison envers le régime nazi. Les activités reprochées comprennent la fabrication de faux documents, l’organisation de réunions secrètes et l’impression de journaux clandestins.

L’arrestation du 7 janvier 1944 met fin aux activités de résistance organisées depuis l’imprimerie Aegitna.

Guillaume est conduit à l’hôtel Mont-Fleury, présenté comme le siège local du SIPO-SD, puis au Gallia, siège de l’OVRA, afin d’y être interrogé et torturé.

Plusieurs établissements cannois sont alors occupés ou réquisitionnés par les forces allemandes, notamment le Majestic, le Mont-Fleury et la villa du même nom.

Les grands hôtels tels que le Martinez, le Miramar et le Carlton font également l’objet de fouilles destinées à contrôler l’identité des clients et à rechercher des traces de propagande.

Janvier 1944

Son
arrestation

De Cannes à Compiègne-Royallieu, avant la déportation.

Hôtel Mont-Fleury

Guillaume est d’abord conduit au siège cannois du SIPO-SD pour y être interrogé et torturé.

Gallia puis Nice

Il est transféré au Gallia, puis à l’hôtel Excelsior de Nice, où les interrogatoires se poursuivent.

Prison des Baumettes

Guillaume est ensuite emprisonné aux Grandes Baumettes à Marseille avant son transfert vers les camps.

Compiègne-Royallieu

Il est envoyé dans un train de marchandises vers le camp de transit de Compiègne-Royallieu.

Après son arrestation, Guillaume Evangelista connaît une succession de transferts, d’interrogatoires et de tortures avant son départ vers les camps.

Il est d’abord conduit à l’hôtel Mont-Fleury, puis au Gallia à Cannes. Il est ensuite transféré à Nice, à l’hôtel Excelsior, où il subit de nouveaux interrogatoires.

Son parcours se poursuit à la prison des Grandes Baumettes à Marseille. Sa marraine parvient à lui rendre visite avant son transfert vers les camps.

Guillaume est ensuite transporté dans un train de marchandises jusqu’à Compiègne-Royallieu. Bien que situé en France, ce camp de transit dépend directement des autorités allemandes et prépare les prisonniers à leur déportation.

Sa fiche signalétique indique une naissance en novembre 1906 à Marseille et le classe dans la catégorie de détention préventive allemande « Schutzhaft ».

La Schutzhaft désigne une mesure de détention appliquée par le régime nazi aux personnes considérées comme susceptibles de menacer la sécurité de l’État et du peuple allemand.

Documents historiques

Documentation : arrestation

Consultez les documents, fiches administratives, photographies et archives retraçant l’arrestation et le parcours de détention de Guillaume Evangelista.

Une figure du réseau

Henry
Frager

Résistant du réseau Carte et chef du réseau Donkeyman.

Réseau Carte

Henry Frager s’engage dans la Résistance au sein du réseau Carte.

Réseau Donkeyman

Il deviendra par la suite le chef du réseau Donkeyman.

Jean-Marie Action

Son réseau est également connu sous le nom de Jean-Marie Action.

Bureau à Marseille

Henry Frager dispose d’un bureau à Marseille, où Guillaume Evangelista le rencontrera.

Résistant au sein du réseau Carte, Henry Frager deviendra le chef du réseau Donkeyman, ou Jean-Marie Action, rattaché à la section F du Special Operations Executive dirigée par Maurice Buckmaster.

Il dispose d’un bureau à Marseille, où Guillaume Evangelista le rencontrera dans le cadre des activités du réseau.

Henry Frager sera arrêté puis transféré à la prison de Fresnes.

Il sera ensuite déporté au camp de Buchenwald, où il sera fusillé.

À la suite de son arrestation, le réseau sera démantelé.

Fonds documentaire

Documents sur Henry Frager

Consultez les documents et archives permettant d’approfondir son parcours, son engagement et son rôle au sein des réseaux Carte et Donkeyman.

Contexte historique européen

Berlin
Dictature, résistance et mémoire

De l’installation de la dictature nazie à la division de la ville, Berlin porte les traces de plusieurs périodes majeures de l’histoire européenne.

1934

La Nuit des Longs Couteaux marque l’élimination d’une partie des responsables des SA et le renforcement du pouvoir d’Adolf Hitler.

9 et 10 novembre 1938

Des personnes juives sont assassinées ou arrêtées, tandis que des commerces et des synagogues sont pillés, détruits ou incendiés.

L’Orchestre rouge

Un réseau berlinois d’opposants au nazisme recueille et transmet des informations à l’étranger.

Berlin après 1945

La ville est divisée et le mur de Berlin matérialise durablement la séparation entre l’Est et l’Ouest.

En 1934, la Nuit des Longs Couteaux marque l’élimination d’une partie des responsables des SA et le renforcement du pouvoir d’Adolf Hitler. La Gestapo devient progressivement l’un des principaux instruments de surveillance et de répression du régime nazi.

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, de violentes persécutions antisémites sont organisées. Des personnes juives sont assassinées ou arrêtées, tandis que des commerces et des synagogues sont pillés, détruits ou incendiés. À Berlin, la Nouvelle Synagogue est notamment ravagée par les flammes.

La capitale allemande connaît également différentes formes de résistance. Parmi elles figure l’Orchestre rouge, composé d’opposants au nazisme qui recueillent et transmettent des informations à l’étranger.

Après 1945, Berlin devient une ville divisée. En Allemagne de l’Est, la Stasi développe un important dispositif de surveillance et de répression politique. La construction du mur de Berlin matérialise ensuite durablement la séparation de la ville.

Berlin conserve aujourd’hui de nombreuses traces de ces périodes successives. Ses monuments, mémoriaux et anciens lieux de répression participent à la transmission de la mémoire des victimes du nazisme, de la Shoah et de la division de l’Allemagne.

Ressources complémentaires

Cannes pendant la guerre 1939-1945

Découvrez plusieurs ressources permettant d’approfondir le contexte politique, culturel et historique de Cannes avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

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